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Le processus de deuil chez l'enfant

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Le processus de deuil chez l'enfant Empty Le processus de deuil chez l'enfant

Message  adele le Mer 27 Fév 2008 - 13:45

(trouvé sur le net , mais il n'y avait pas de réference scratch )


Le processus de deuil chez l'enfant

AVANT SIX MOIS, le concept de mort est inexistant, seules les conséquences du deuil du parent seront perceptibles. La qualité de maternage de l'enfant, à savoir les soins du corps, la façon dont la nourriture va lui être donnée, et son environnement feront toute la différence. On sait qu'une maman déprimée portant son petit enfant qui vient de naître après le décès du conjoint, par exemple, peut créer une ambiance de lourdeur, qui peut colorer d'une façon ou d'une autre la relation. Quelque chose s'imprime, s'inscrit dans la vie de l'enfant, et il est important, plus tard, lorsque l'enfant est en mesure de comprendre, de mettre des mots sur son ressenti, lui dire la réalité du deuil et de la mort expérimentée dans sa toute petite enfance.

ENTRE SIX MOIS ET DEUX ANS, le concept de mort est très abstrait pour l'enfant. Il se doute bien que quand on est mort, on ne bouge plus, on ne respire plus, mais la notion de permanence de cet état-là, et le fait de ne plus revoir le défunt, ne sont pas clairs du tout. A cet âge-là, l'enfant développe ce qu'on appelle la confiance de base. La confiance sur le fait que les moments d'absence sont suivis de moments de présence se met en place. Mais si l'enfant fait l'expérience très précocement, que s'il y a présence suivie d'une absence, puis plus rien, il peut développer l'idée que s'attacher est périlleux, et éprouver à l'âge adulte de grandes difficultés à entrer dans une relation stable à cause de cette peur de s'investir.

DE DEUX A CINQ ANS se construit peu à peu la notion de moi, de l'autre, et l'alternance présence absence est intégrée. L'enfant a été confronté à la mort des insectes, il a vu des animaux morts, il a pu voir des hommes morts à la télévision, et donc l'idée de la mort est intégrée, et la permanence de la mort le sera vers quatre, cinq ans. Ce qui peut caractériser ce temps-là, c'est ce qu'on appelle la pensée magique. Pour l'enfant, ce qu'il vit est très centré sur lui, très dépendant de lui, il pense que le monde tourne autour de son nombril, et qu'il est, d'une façon ou d'une autre, même si c'est avec des liens magiques, responsable de ce qui se passe.

Ça peut être, lorsque son grand-père meurt, et puisque l'enfant est dans son fonctionnement de toute puissance, de pensée magique, il peut se vivre comme responsable, adopter un profil bas, ne pas faire de vagues, parce qu'il a peur d'être découvert comme responsable de ce qui s'est passé.

On gagne toujours, même si l'enfant ne manifeste rien de cet ordre, à lui dire que ce n'est pas de sa faute. Aller vers lui et le lui dire, une fois ou même plusieurs fois. On retrouve ce même comportement face à la maladie. C'est important de mettre des mots sur ce qui se vit, "je suis malade, j'ai un cancer, mais tu n'y es pour rien, ce n'est pas de ta faute", et même si on a l'impression d'enfoncer une porte ouverte, parce que c'est évident qu'un enfant de deux ou cinq ans ne peut pas en être responsable.

Autre point important, l'enfant ayant une vision très égocentrique de la situation, peut penser qu'il va mourir également, c'est important d'en avoir conscience et de le rassurer, parce qu'il y a de grandes chances pour qu'il n'en dise rien et développe cette peur en silence, peur qui peut se manifester à travers la peur du noir ou de la solitude par exemple.

C'est aussi le temps pour l'enfant où il a une compréhension très littérale des mots. L'impact du choix des mots va donc être très important pour lui. Par exemple, si on lui dit "maman est partie pour un long voyage", il peut développer colère et ressentiment parce qu'elle ne l'aura pas emmené avec elle, ou bien un sentiment d'abandon, ou de culpabilité fondée sur le fait que "si maman est partie, c'est sans doute que j'ai fait quelque chose de mal…" ou bien encore l'illusion qu'elle va revenir, parce que lorsque l'on part en voyage, on revient ; ou une incompréhension de la situation, "pourquoi tout le monde pleure si elle est partie en voyage, il n'y a pas lieu d'être triste !"

Autre exemple, "Dieu a pris ton papa pour l'emmener au ciel, il avait besoin de lui", et le petit dit " mais moi j'ai besoin de lui ici, je veux mon papa !" ou bien "il va aussi me prendre, ou prendre ma maman !" "Grand-mère est morte parce qu'elle était malade", et si on ne dit rien de plus, très vite l'enfant va associer maladie et mort, et il risque de paniquer à la moindre angine. "Papa s'est endormi pour toujours" et ce sont des troubles du sommeil qui peuvent prendre place. Il est donc essentiel de développer la plus grande prudence dans les mots utilisés et une grande honnêteté, papa ne s'est pas endormi, il est mort.

A cet âge, l'enfant vit un processus de deuil et il est important de ne pas l'exclure de la vie familiale au cours des funérailles, de lui permettre d'être présent s'il le souhaite et de demander à un adulte de l'accompagner pendant ces moments. L'autoriser à poser toutes les questions, lui expliquer ce qui se passe, le rassurer, vont lui permettre d'entrer dans le deuil avec plus de facilité. Suite à la mort d'un parent, l'enfant peut avoir un comportement régressif, en n'étant plus propre par exemple, ou en refusant de s'alimenter seul. A l'inverse, le choc étant trop important, l'enfant va faire comme s'il ne s'était rien passé, il va continuer à jouer, à rire, à chanter.

Ce décalage entre la nouvelle annoncée et l'attitude de l'enfant peut générer une forme d'agressivité de la part des adultes. Derrière cette réaction très paradoxale, il y a en fait un besoin de séquencer les événements ; psychiquement, il n'est pas à même de recevoir l'intégrité de la perte et des conséquences de la perte. Il a reçu la nouvelle, et il va la digérer par petits bouts, "papa est parti, mais ça ne veut pas dire que c'est pour toujours…" Entre le moment où il est dans la détresse, où il a besoin d'être consolé et le moment où il court, joue, hurle de joie avec ses camarades, il ne se passe pas parfois une demi-heure. C'est en partie pour cela que l'adulte a pensé qu'il n'y avait pas de processus de deuil chez l'enfant, ces attitudes sont déconcertantes pour l'adulte.

Vivre le deuil pour un enfant peut prendre une autre modalité, ce sont les phases d'agressivité, expression de toute la violence ressentie d'avoir été abandonné par un parent. En fait, l'enfant est paniqué et son agressivité est une recherche inconsciente de limites, de sécurité.






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Le processus de deuil chez l'enfant Empty Re: Le processus de deuil chez l'enfant

Message  adele le Mer 27 Fév 2008 - 14:25

DE CINQ A HUIT ANS, le concept de mort est à peu près clair, l'idée de permanence de la mort, de l'arrêt des fonctions vitales, d'irrémédiabilité, l'idée que lui aussi peut mourir sont à peu près clairs. C'est maintenant un petit être social, à cet âge on acquiert beaucoup de références sociales, de repères sociaux. C'est là que l'enfant va être beaucoup plus sensible à comment autrui réagit pour se donner un modèle sur comment il doit réagir. Il va intégrer le modèle des adultes, et s'il est dans un environnement où il y a de la place pour l'expression des sentiments, des affects, s'il y a de la place psychiquement pour le deuil, l'enfant va réagir en conséquence. Mais s'il est dans un environnement de non-dit, de non-expression des sentiments, l'enfant de la même façon aura un comportement de silence et de déni.

Les enfants de cet âge sont beaucoup plus attentifs à ce qui se passe, ils ont conscience de la souffrance des parents, et l'enfant peut mettre sa propre douleur entre parenthèses pour ne pas en rajouter. Ce peut être aussi la prise en charge de la souffrance du parent restant pour ne pas qu'il s'effondre, et l'enfant va entrer dans un rôle inapproprié, soutenir émotionnellement ce parent alors qu'il n'a absolument pas les outils pour répondre à la situation.

POUR LES HUIT A DOUZE ANS, on commence à être proche de l'adulte dans la prise en charge, dans le modèle social, dans la difficulté à reconnaître ses besoins et à les mettre en avant. Il est important de se rappeler que l'enfant ne se permettra que ce que l'adulte se permet à lui-même et que ce que l'adulte permet à l'enfant.




Quelques conseils

Ce qu'il est important de retenir, c'est que l'enfant a besoin d'être sécurisé, et ça passe par la nécessité de maintenir les repères préexistants : aller à l'école, continuer les activités sportives et culturelles.
L'école est un lieu à préserver et c'est toujours important que les instituteurs, les professeurs, les directeurs d'établissement soient au fait de ce qui se passe, pour leur permettre de remettre dans une plus juste perspective les manifestations qui paraissent un peu décalées, comme l'agressivité ou le déclin scolaire. Si on a une grille de lecture de l'enfant en deuil, sans le stigmatiser pour autant, on peut développer une plus grande vigilance qui sera une aide pour l'enfant.

Il a besoin aussi d'être rassuré, lui dire "on va continuer à prendre soin de toi, tu ne vas pas être abandonné, tu restes dans ta famille, et même si on est triste, moins disponible, tu es toujours aimé et cela ne sera jamais remis en question", lui donnera l'espace nécessaire pour faire face à sa souffrance.






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